Piko raconte :

Il en revient pas, Simon, du finish de Paris-Roubaix. Il était pour Tom, il criait Tom, Tom, Tom sur son canapé, mais comme Tom n’a pas gagné, Simon s’est levé, a regardé hébété tout autour de lui dans son salon : il voulait faire quelque chose, un geste de colère, un cri tribal, tout casser, mais comme il ne savait pas quoi finalement, il était trop dégouté, alors il a pris son ordi et il a laissé éclater du bout de ses petits doigts son dépit sur le forum.
Sinon, pendant ce temps-là, il y avait le raid des Trois Croix.
Les chameaux qui déblatèrent sur le sport au zinc du coin le répètent à l’envie : son incertitude, au sport, elle est glorieuse, monsieur. Ça finit jamais comme ça commence. On va voir ça dans ce compte-rendu, qui pourrait être titré : la malédiction de Santenay.

Penk, qui programme son corps pour des triathlons, avait vu ça en janvier : un défi roc, 18 km de trail, 50 de vtt, 8 de canoé. Comme c’est à faire par équipe de 2, il m’en parle. Comme ça m’intéresse, on en parle. Post sur le forum, le truc prend, Benoit rapplique, embarque Penk sur son tandem, et puis Fab, qui ne court plus, est tenté par le VTT, et Nico, qui court de mieux en mieux, et qui est très gentil, accepte de faire équipe avec lui en relai. Jérôme, qui me voit seul, vu que Penk s’est laissé embarquer sur le tandem de Benoit, me trouve Alban comme partenaire, et alors après on appelle Jérôme coach, vu que ça lui va bien, et moi, je fais plein de cauchemars où Alban me jette des pierres pour me faire courir plus vite, mais comme ça marche pas, dans mes cauchemars, eh ben il part devant, je tombe dans un trou, la nuit tombe aussi sur le trou et des loups me tombent dessus. En gros.
Enfin donc, trois équipes sont constituées. Les autres, ils disent comme Jérôme, qu’Alban et Moi on va faire un gros truc, genre une place. Et puis justement les autres, comme ils sont en phase de pleurnicherie aiguë sur leur niveau perdu, et que ça sera plus jamais comme avant, et que ça a pris trop de retard, et que peut-être il faudra annuler la MB, et que….on a fini par se mettre une pression inutile. Mais rigolote, et utile pour finir, j’en reparle à la fin.

Reco VTT fin janvier. Penk, Ben, Fab et Moi. Ça a flotté comme vache qui pisse (Mémé, c’est pour toi, je t’aime), le terrain est gras, c’est une glaise qui colle aux roues, on a l’impression de s’embourber rien qu’en respirant. On cause du tandem, Penk et Benoit marchent à côté, poussent, débourbent à la main… et crac, montée de Saint Aubin, la roue libre du biplace casse. Premier acte de la malédiction des trois croix, tremble lecteur. Avec Fab on rentre par la route, vent de face, et sa puissance m’étonne à ce moment-là, tiens.

Reco 2, mars. Penk, Fab et Zazou font tout le circuit. Ils reviennent avec de grands yeux gourmands: la trace est top, et des gros passages techniques, voire vertigineux. Ils sont heureux, « y aura des vautres » prédira Fab. En revanche, le tandem, faut oublier. On oublie.

Reco 3. Enfin, pas exactement une reco… Rando de Mercurey, on est à une semaine du truc, il pleut comme vache qui pisse (bisou Mémé) : la dame de la météo nous promet le même temps à Santenay alors on s’y colle. On monte aux trois croix par là où on descendra la semaine suivante, et pour l’heure c’est un ruisseau alpestre. Et puis, il y a un ravinet, et puis Benoit tombe dedans, et puis il a deux-trois côtes cassées. Forfait, merdum. Malédiction du défi roc, acte 2.

Pendant la semaine, sur le tchat, c’est opération « un copain pour Penk. » Comme il y a pas tant de fous que ça sur terre, le forfait de Nico (méchant virus, malédiction acte 3) arrange les choses : Fab et Penk feront équipe dans un relai. Zut pour Penk, qui aurait pu faire un gros gros truc sur toute la distance. Mais l’avantage sous l’inconvénient, c’est qu’ils sont remontés comme un coucou pour faire un coup, les deux gars.

Le jour J. il fait beau. Fait tellement beau que c’est l’été avec toutes ces petites choses qui font l’été : papillons, robes à fleurs, terrasse sortie, sourires et ciel bleu. Depuis que je fais du sport, je ne regarde plus les jambes des femmes, mais celles des hommes. J’y ai perdu au change, mais les échantillons proposés au Roc sont du même genre qu’à la MB : quadris rebondis, mollets sculptés, poil zéro. Penk mate aussi, et ça lui fait peur. Il s’est pas encore rendu compte qu’il a mué, qu’il fait pareil, vachement peur.
Je rencontre Alban, enfin. On papote. Il me file des conseils et un peu de pommade contre les ampoules, je lui offre un café. On discute, on s’échauffe. Et puis ça commence, rassemblement. Speech du maire, de l’orga, de monsieur Rougeot, et hop, on file dans la cour du château pour le départ vrai. Là, minute de silence, puis sono techno, et ça part pour 18 km de trail.

Penk file en tête, c’est bien le moins qu’on puisse attendre de lui, et je me cale sur le rythme d’Alban qui sait ce qui nous attend. La trace commence dans les vignes, suit un single en forêt, passe par des monticules de pierres, continue dans les bois… Ça grimpe sec, ça descend fissa, il y a même un passage avec une corde tendue… on passe dans des endroits étonnants, d’un chemin au bord de petits ravins jusqu’à une ligne de crête pour ensuite grimper le petit mont des trois croix. C’est du vrai trail, apprécie Alban. De loin, parfois, en levant la tête, je vois le maillot jaune et la casquette blanche de Penk. De plus en plus loin, faut dire. Il rapetissait en fait.
On a bouclé en une heure 45, Penk a dû lancer Fab un quart d’heure avant sans doute. Nous ça va, on en a gardé pour la suite. Du moins, on le pensait.

Et hop, vélo. Le début, je connais, c’est même le seul passage que j’ai reconnu auparavant, et trois fois. On commence doucement parce que la transition peut faire mal. Et puis au kilomètre 3, malédiction acte 4. Alban s’écroule, se jette par terre, se prend les jambes, hurle. J’hésite : le règlement est formel, si l’un des deux ne peut plus avancer, l’autre doit l’achever sur place pour rentrer dans les points. D’un autre côté, mes affaires sont dans sa voiture et j’ai pas vu où il avait mis la clef. Dilemme. Ce sera le points. Alors pendant qu’Alban continue d’hurler et que je cherche dans le sous-bois un gros gourdin pour faire la besogne, plein de types passent devant nous, s’inquiètent et nous souhaitent bon courage. Alban finalement peut repartir. Mais il a plus rien dans les jambes. Semaine compliquée au boulot, entrainement contrarié… il est gêné de la situation, gêné pour moi, et du coup j’en profite pour lui soutirer de l’argent et sa bouteille de pinard (l’orga en a donné une au retrait des dossards). Il continue au courage, on décide d’abréger. Pendant ce temps, Fab est en train d’exploser tous les temps de passage, mais ça, on ne le savait pas encore. Sûr qu’il se disait : ‘tin, ça fuse, ça fuse… en se frottant les mains. Ah ben non, les mains sur le guidon, Fab, pas de blague.

Chemin du retour, on prend la fin du petit parcours. Comme on nous croit attardés, on nous souhaite bonne chance, bon courage, avec des airs de profonde miséricorde. Susciter de la pitié sur un vélo, ça doit lui faire tout drôle, à Alban. C’est une première, peut-être. Sur le chemin, je blague, parce que je sais faire que ça, mais le truc chiffonne Alban plus que sa fatigue et sa douleur, le rend mal à l’aise. Au vrai, cet abandon, on le partage un peu pour finir : le trail m’avait bien cassé, faut dire.
On rentre par la petite porte, on range les vélos, j’appelle madame qui est vachement contente de venir, Alban me paye un sandwich-saucisse qu’on mange assis sur un muret en causant de tout de rien, au milieu des arrivées, et de cette sorte de kermesse du cardio et du quadri. Sont beaux, les gens, tout secs, avec des habits fluos, irun et alltricks font de plus en plus d’affaires. Et puis il fait tellement beau.
En rentrant à la voiture, on entend la speakerine annoncer le nom de la team qui en finit, 9°, et on entend : les gitans. Puis on entend Fab et Penk au micro. 9°, et en fait 5° après correction, ils ont été monstrueux !

Madame est arrivée, elle a mis son jogging. On va faire un gros trek du parking des Trois Croix aux Trois Croix, 600 mètres de rando sur un sentier presque sauvage.

Et l’an prochain, on fait quoi ?

(En attendant, pour moi, coupure, je sature. Groggy par l’abandon, dubitatif sur ma propre forme qui était pas ça, fatigué aussi et un peu désoeuvré une fois l’objectif passé. Et en même temps journée tip-top, rencontre avec un type extra.
Pour le sportif, tout n’est pas perdu : j’ai mieux travaillé pour me préparer, en scrutant le strava d’Alban, je me suis acheté des chaussures de route, j’ai pris gout aux tours de piste… enfin, pas trop, mais un peu  :lol: @+)

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FastFAB raconte :

Après les différentes péripéties pour former une équipe me voilà avec Antoine en version relais, lui le trail et moi le VTT.Mais avec une manière différentes des autres(oui on n’est pas normal ici :D ), Antoine veut m’accompagner sur le vtt pour « du beurre », l’orga est ok.

Antoine à bien envoyé sur le trail, 1h41, je lui demande si il se sent chaud pour le vtt, et il me dit ouais je vais essayer. On roulent bien sur le plat des premiers kilomètres, mais une fois la première grimpette passée je me retourne et sens qu’il est limite. 2/3 pif paf à travers les vignes, je suis bien devant, je l’attends quelques secondes et il me dit que c’est mort, de continuer sans lui et de faire un chrono, ou alors »il me fistera » oui oui il m’as bien dit ça :lol: Il fait demi tour et rentre au parc vélo, de toute façon ça change rien pour nous, c’était du »bonus ».En mode world cup je repars au taquet plus motivé que jamais.

Le parcours est plutôt bien sec dans l’ensemble, ça roule bien, le faite d’avoir reconnu le terrain est un réel avantage je pense, je sais à quoi m’attendre, je sais où envoyer et où se calmer. Les descentes et singles sont top, je suis à 95% du temps seul dans les descentes, je me fait bien plaise 8|. Je double un nombre fou d’équipes du half-défi, ça motive bien, j’ai de bonnes sensations aujourd’hui et ça tombe bien :p . Une fois la séparation faite entre le half et le défi, je serais quasi tout le temps seul au monde. Petit coup de moins bien après le fameux coup de cul de Saint-Aubin, mais je reprends vite le dessus, la patate reviens. Toujours du super single, ça avionne, et je vois la moyenne qui stagne depuis un moment autour des 15/16, je suis surpris de pourvoir tenir un tel chiffre sur un parcours technique et physique comme cela. Je continue sur ma lancé, les 3 croix se profilent au loin, on est sur la crête, je donne tous car je sais qu’après il n’y a plus de grosses montées et que ça descend taquet. Donc descente finale des 3 croix sur Santenay, 2/3 pif pafs entre les vignes, je traverse une route entre les vignes à mach 12, les signaleurs me voit au dernier moment, donc voitures ou pas voitures, tant pis on passe :D J’arrive au parc du canoë où Antoine m’attends, avec un super temps sous les 3h: 2H55 8|

A peine posé le vélo, on cours comme des malades les 200/300m qui nous séparent du canoë, on embarque vite, les premières minutes sont laborieuses, on se déporte tous le temps sur la gauche, mais au bout de 10 mn on prend le coup et on se démerde pas trop mal, on arrive même a gratter une place pour le relais. Fin du canoë, on retourne au parc à vélos, et la fin se termine par 1.5 km de route afin de rallier l’arrivée, moi en vtt et Antoine en courant. Il donne tout, cours à un bon 14/15 de moyenne, on passe l’arche, c’est terminé.

Après plusieurs calculs, nous sommes au final 6ème du sctrach sur 30 équipes en 5h29 et 5ème en catégorie équipage homme.

Nos temps(scratch relais): Trail: 1h41 7ème / VTT: 2h55 10 ème / Canoë: 46mn 10 ème

Monsieur Penk raconte :

Petit CR de la partie trail que j’ai effectué dimanche avant de passé le relais a FastFab qui a tout degommé ! (Encore bravo a lui,il m’a vendu du rêve :D)

Bon,je vais pas revenir sur les mésaventures de Benoit et cette malédiction qui a toucher le crew VTT71. On a décidé un peu a la dernière minutes de faire équipe,Fab et moi. Dimanche matin,la pression monte,j’étais partis dans l’optique de faire le défi Roc en entier,malgré qu’on soit inscrit en relais. Échauffement avec Anto et Alban (qui d’ailleurs est un mec super sympa !)
Bref c’est le moment,le départ est donné,GO !!! Ca part vite,je me faufile pour rester dans les baskets des deux machines,on double pas mal de monde,on finit de faire le tour du château,première a droite,chemin large au bord des vignes qui permettent de doublé et de se faire doublé ! Anto et Alban partent fort,pas possible de les suivre. Je reste en retrait en les gardant en ligne de mir (Merci les chaussettes oranges,c’est flashi et pratique :p)
Première vraie montée,qui se finit en single dans les pierres,pas mal de monde marche,je garde mon rythme,passe tout en courant. A la fin du single,on tourne a gauche,je suis a 5m des 2 copains,je baisse la tête,la relève et ne les voit pu ! Bon bah tant pis,j’me suis dis que dans tout les cas,ils finiront par me rattrapé. Enchainement de singles en montées,de pierriers,de singles parfois a flan de montagne. Des passages vraiment raides où une corde a été installer pour nous facilité l’ascension. Je me sens vraiment bien physiquement,j’arrive a tout passé en courant et je double pas mal de monde ! C’est la que je commence a me dire que Fab fera le VTT solo,histoire de  »peu etre » faire une perf…
On arrive bientôt a la fin du parcours Trail,montée aux 3 croix par un petit coup de cul bien raide ! et hop on descend tout ! J’essaye de déconnecter le cerveau pour gagné quelques minutes mais j’suis pas trop rassurer ! Un mec me double,il s’arrête 20m plus loin parce qu’il a perdu son collègue :lol:
Je vois le parc a vélo,relâche un peu mon effort et j’arrive faire Fab. Je lui demandes combien d’équipes sont partis et si ca le dérange pas que je l’accompagne sur la partie VTT. Il me répond qu’on doit être surement dans le Top10 et vu que je me sens  »bien » physiquement malgré un trail effectué en 1h41,je l’accompagne. Ni une ni deux,chaussures de vélo mise,on est partit ! Première grimpette,ca bouchonne un peu,je me sens pas trop mal physiquement,mais je sens Fab vraiment au dessus aujourdhui ! On double des gars du half,Fab part comme un fou dans une descente,il m’attend en bas… J’arrive vers lui et lui dit de pas m’attendre,je le sens vraiment bien physiquement,je vais le ralentir plus qu’autre chose,je préfere qu’il prenne son pied lui aussi :D
Fab part comme un fou pendant que je retournes a la voiture tranquillement pour m’alimenté et boire.

Ils reviennent !

C’est pile-poil le même emplacement que l’an dernier. Comme le proprio du camping est un gars sensible, en plus, il a mis un bouquet de fleurs et une pancarte sur laquelle, avec sa plus belle écriture, il a gravé : « Djet Team, VTT71, MBrace 2016 ». Et dans son élan, il a fait installer une cuisinière et des douches privatives, des tables de massage et une zone internet ; il ne manque rien. Enfin presque : il est bientôt minuit, le départ est pour 6:00 le lendemain matin, tout Combloux et Mégève se préparent au truc, à la course-la-plus-dure-in-ze-world, mais au camping, dans l’emplacement qui est réservé à l’armada de Saône-et-Loire, il n y a encore personne. Personne ? Personne. Pas là, pas encore arrivés, tous, disparus, nada, walou. Le proprio, qui est un gars aussi sensible que susceptible, n’en peut plus d’attendre et, alors qu’il s’apprêtait à foutre en l’air d’un grand coup de rangers le bouquet de fleurs des Alpes qu’il avait préparé avec tant d’amour, sa femme accourut vers lui en hurlant : « il y en a un, René, y en a un qui est à la salle des fêtes de Combloux ! »

Printemps !

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J’ai fait du vélo, et c’était le début du printemps. Il a fallu se réhabituer au bonheur de pédaler les bras nus dans une lumière crue : on s’y fait vite et bien.
L’objectif : sortie longue. 12 heures pour faire 140 km avec des parties bien roulantes, oui oui, j’ai pris mon temps. Mais que c’était bon !

La trace initiale prévue partait de Villefranche, que j’aurais rejoint par le train, et remontait par le GR, ou à peu près, jusqu’à chez moi. C’était sans compter la SNCF : mon train avait un « retard indéterminé », dixit le petit tableau à led. Gare déserte, c’est samedi matin : Tournus passe du statut de ville moribonde à ville morte pour le week end. Pas le temps d’attendre, pas l’envie surtout, je passe chez Benoit récupérer une fiole de liquide blanc et je file par l’échappatoire habituel : l’ancienne route d’Ozenay. Le triptyque Gratay-Grevilly-Cruzille en échauffement, montée jusqu’aux moines par le combe de Sagy -montée de malade, poussage à la fin. Tiens, au fait, y a des coins qui sont pas encore au courant qu’il y a plus de boue. Arrivé au GR, je prends le champ découvert lors du roc d’axé et le chemin qui coupe la route au mont Saint-Romain. Puis suite du GR : magnifique descente vers Cluny, qui sera tip top à essayer en montée le plus vite possible.
De Cluny, direction Tramayes par un tronçon mi-chemin pour les tracteurs et les boeufs, mi-route pour ceux qui les conduisent, des ornières, de la boue, du plat qui fuse pas. Vient Saint-Cécile, patronne des musiciens : ce sera une java dans la colline : vraie bonne pioche de la sortie. Premier arrêt pour démonter et remonter ma fourche : il y a du jeu dans la direction. Plusieurs autres arrêts : rien d’efficace. Ce sera le nuage de cette journée, le caillou dans la chaussure.

Tramayes : le patron du bar est moustachu et a une bonne mémoire. Je lui devais 7 euros de cet été, quand on avait pris un coup après la terrible sortie de Saint-Mamert avec Penk et Topgir. Je lui lance : « je suis venu payer ma dette ». Il en est tout ému, il me paye « un canon ». Les gars au comptoir, pas au courant que dehors c’est le printemps, trouvent que « c’est rare l’honnêteté de nos jours ». Alors on trinque. Je me souviens que Hegel écrit quelque part que ce qu’on fait de bien, en fait, c’est une sacrée foutaise, puisque on en tire toujours quelque chose pour soi. Là, par exemple, je sors du troquet comme un seigneur, avec une auréole au-dessus de la tête. Et deux sous les bras. Bon, faut repartir. Re-démontage -inutile- de la fourche.

Passé Tramayes, mon etrex se fout de mon élan de bonté et tombe en syncope : oublié de changer les piles. Pas grave, c’est un GR. Bien indiqué. Sauf que je perds la trace. Je suis pas loin de Saint-Mamert : aller jusqu’à Villefranche, pourquoi pas, mais faudra poireauter à la gare un train qui aura du retard, bof. J’improvise un chemin du retour jusqu’à Mâcon. Coup de fil de madame au ski : elle s’éclate dans la poudreuse, en a plein les narines, elle rentrera ce soir. Alors changement de plan : je tente le retour à Sennecey en vélo.
De Saint-Mamert, jolie route jusqu’à Saint-Jacques-des-Arrêts (le coin est plein de villages jolis avec des vieilles maisons faites avec des vieilles pierres et dedans des vieilles grand-mères qui savent faire les tartes aux pommes). Je suis par intermittence une piste VTT-FFC (pitin, les gars, faites un effort pour la signalisation, hein). Panneau de direction : Cenves. Je connais, je suis pas perdu, je finirais pas ma vie à manger des tartes aux pommes pendant que mémé se remet de mon coup de rein.

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De Cenves par une forêt (où je m’arrête pour démonter ma fourche etc….) je retrouve une route en lacets que je descends jusqu’à Serrières et qui me donne une énorme envie de cols alpins pour cet été, puis Pierreclos (photo du spad devant le château). Là, bout de voie verte en zieutant à gauche l’ouverture vers la Roche-Vineuse. Si fait, grosse montée de pierrasses pour joindre Milly-Lamartine. Il commence à faire tard, et ma fourche…. bref, prudence, je décide de prendre le plus de route possible. A Verzé, je tombe sur le grand-prix de Verzé : les gars sont des avions. J’emprunte la route derrière eux, les rattrape et gagne la course. Non non, je blague. Après Verzé, comme c’est bien gentil la route, mais que c’est chiant, je prends les chemins de vigne, ceux qui grimpent sec de palier en palier et tombe à Azé sur des singles préparés de rubalises pour une rando prochaine (qui promet !), cool. D’Azé je décide de remonter vers le GR des moines avec le chemin qui serpente en bordure de forêt, puis la route jusqu’au Mont-Saint-Romain.

A Brancion, la nuit tombe. Retour par la route.

Bilan : GR, single, route, voie verte, rando, circuit FSGT, hors-sentier, chemin de vigne… vive le vélo, et les tartes aux myrtilles.

3x, Santenay, Reco défi roc

On lui a crié dessus comme on a pu : casse-toi, fous-le-con, dégage. Elle avait pas l’air de trop comprendre et ça a pas duré une seconde. A cette heure, soit elle s’est décanillé comme il faut et, tapie sous un fourré, elle se dit dans sa langue qu’elle l’a échappé belle. Ou alors, soit ils l’ont zigouillée. A la chevrotine. Fumiers de chasseurs.   Vaut mieux retenir qu’on a sauvé une biche. C’était au kilomètre 14 de la reco du parcours VTT de la petite épreuve aux trois croix qu’on s’est choisie pour pas s’ennuyer en avril.

8H00, parking casino de Santenay. Topgir assemble le tandem, tandis que monsieur Penk , qui vient d’arriver, assiste à la manoeuvre et se gratte la tête. Moue dubitative.  Monsieur Penk est anxieux, un pressentiment sans doute. 79 kg, monsieur Penk est tout fit, aussi. Trois jours de privation de kebabs et de de macdos, ça vous change une silhouette. Pendant que je vais me ruiner aux machines à sou, Furious Fab se gare à son tour. Le temps est gris, mais le vent est doux. Fab est le guide que l’on suit, car comme il a le premium Strava, il a pu mettre le tracé dans sa petite boite GPS. Devant nous, 50 km et 1200 mètres de D+, ça devrait se faire en quatre heures, tranquille.

Sauf que non. Le parcours n’est pas trop celui d’une bonne rando des familles  dans les premiers kilomètres : pas mal de passages en single, deux murs qui brûlent les cuisses, une descente de casse-cou si on y met de la vitesse, un long faux plat montant exposé au vent. 400 mètres de D+ dans les 8 premiers kilomètres, c’est  quand même bien pêchu. Première mauvaise surprise : le 10 avril, après les 18 km de trail,  la prise de vélo risque de faire très mal.

Le problème qui s’ajoute à ça, aujourd’hui, ce sont les pierres glissantes. Et la boue collante. Et les ornières piégeantes. Ça fait beaucoup. Ça fait un chouïa trop pour le tandem : les deux gars certes envoient les watts, les blagues, les anecdotes (l’histoire du type mal en point aux urgences parce qu’il…. bref.), mais ils sont à la peine. Souvent à côté du vélo. Aujourd’hui monsieur Penk a fait du VTT et un trail en une seule sortie. Si on l’avait poussé à la flotte, il aurait fait un tri. Première partie difficile, donc.

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Un tandem, c’est un peu comme un caddie, mais en moins pratique.

Passés les chasseurs (on leur a gueulé dessus  tout  ce qu’on pouvait une fois qu’on était suffisamment loin pour qu’ils entendent pas), on déroule jusqu’à Saint Aubin. Au pied d’un petit mur, je continue tout droit. Monsieur Penk, Topgir et Fab hurlent. Ils ont sans doute mal aux cuisses et ça leur fait du bien, ils sont contents. En réalité ça a fait crac sur le tandem. Roue libre cassée. Faut écourter : la trace s’arrête là pour nous, 18 km et une bonne partie du D+ de fait.

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Monsieur Penk himself

Pendant que les tandemistes se désolent sur un mur de vigne, on file avec Fab aux voitures, elles sont pas la porte d’à-coté. Trois kilomètres de grosse départementale en pente légère avecvent de face nous minent le moral. On monte aux trois croix histoire de dire, c’est quasi sur le chemin, et pendant que Fab file au parking, je zone un peu en essayant de pas penser à mon camarade de flan qui va me mettre minable dans moins de deux mois.

On se promet en partant de revenir pour une répétition générale.

A suivre, donc.

La MB Race en Tandem, défi 2016 !

En 2015, le défi de l’année était de terminer les 140km de la MB Race. Cela n’a pas été sans mal, mais on y est arrivé ! Ce jour là, on a dit « PLUS JAMAIS !! »… Quelques heures se sont écoulées, et déjà on se rendait compte que l’envie était encore là, cette envie de se dépasser qui nous a tant motivé depuis l’hiver dernier… Le lendemain, on disait déjà « vivement 2016 » car on est un peu fous (cons, n’ayons pas peur des mots).

L’été est passé , on a bien roulé, le topgir summer tour c’était sympa, et un jour, j’ai dit à Antoine : « l’année prochaine on la fait en tandem ? ». Ca nous a bien fait rire sur le coup, sauf que cette malheureuse phrase a tourné en rond pendant quelques temps dans ma tête, puis on en a reparlé, et Antoine étant sur la même longueur d’onde (aussi con que moi), on a décidé d’y réfléchir plus sérieusement.

Discussion avec Seb, qui possède un tandem que j’ai chevauché en passager 2 fois, il est ok pour nous le prêter. Discussion avec Antoine, c’est parti on s’inscrit !!

C’est bien joli mais rapidement on se rend compte que ça va être compliqué. On ne va pas user toute l’année le tendem de Seb, car sans que ça paraisse, c’est difficile le tandem, et il ne s’agit pas de se pointer à Megève les mains dans les poches et de bâcher au 30ème km car on arrive pas à rouler… Donc l’envie me prend d’en acheter un. Je regarde depuis quelques temps les annonces, juste par curiosité, mais cette fois ça me prend comme une envie de pisser (désolé pour l’expression), pour assurer un vrai entrainement il faut passer par cette étape… Coup de bol, une affaire en or se présente, après quelques déboires et coups de téléphone, on est vendredi 29 janvier, le tandem est sur le porte vélo ! C’est un Lapierre de 2015, flambant neuf, nickel 🙂

Samedi 30, on ne pouvait prévoir autre chose qu’un test grandeur nature… Couchés à plus de 1h du mat’ (merci Jérôme pour l’accueil et le repas !!), à 7h nous voilà dans le garage à monter les pédales, régler les hauteurs de selle… 8h on est sur le vélo !

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Les premiers tours de roue sont déstabilisant. Du mal à démarrer, ça vire de droite à gauche, de gauche à droite, c’est chaud !! Très rapidement je me rend compte qu’Antoine ne tient pas en place derrière, il essaie de regarder par dessus mon épaule, et ça déséquilibre le vélo !! Après quelques minutes ça va déjà mieux, et ça ira de mieux en mieux au fil de la sortie…

Sortis de Tournus on entame le premier chemin, une grimpette bien raide, histoire de voir comment ça grimpe ! Et ben c’est raide !! La transmission tire très long, le plateau de 26, couplé à une cassette en 34, c’est le modèle homme de la transmission. Le passage à 15% fait mal, ça grimpe mais effectivement, la MB ça va piquer !! Une fois en haut, nous voilà au dessus du premier single, single que je n’apprécie déjà pas en solo quand c’est boueux car glissant, une unique ornière piégeuse, pas de dégagement. On se retrouve rapidement arrêté au milieu, à moitié en vrac ! C’est pas grave, il nous faudra quelques temps pour s’accoutumer mais on est confiant…

On continue de rouler, on prend confiance, on commence à maitriser les démarrages en côte, on ne zigzag plus, ou presque plus, et la sortie devient franchement agréable ! Sur les portions de plat on s’amuse à envoyer, on prend pas loin de 40km/h sur les chemins roulant, énorme ! Les montées sont raides, le braquet toujours trop long, on ne s’y habituera pas… On monte au Mt Saint Romain par la longue montée depuis Sagy, dur dur mais ça grimpe !

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On repart, on prend le GR en direction de Brançion, un tracteur dans les bourbiers !! C’est marrant ça passe partout, on passe dans la boue mieux qu’en solo, mais un peu hard dans les ornières, quand l’avant part ça ne pardonne pas… Petite pause à Brançion et on repart, direction Tournus…

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On commence à bien enchainer les chemins, je me surprend même à lacher les freins dans des descentes qui tabassent un peu, Antoine n’est pas totalement rassuré mais sait que je ne suis pas du genre à lâcher si je ne suis pas confiant. Ca passe bien, ça le secoue un peu derrière, moi devant ça va bien, la fourche absorbe très bien les chocs, les énormes pneus de 2,4″ inspirent confiance…

On aura fait une cinquantaine de km, 1200D+, et déjà pressés d’y retourner !!!

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