Beaujolais, été 2015, par ANTOPIKO

Troisième étape du Topgir Summer Tour, c’est parti mon kiki.

On a choisi pour cette fois le Beaujolais : on s’attendait à des coteaux tapissés de vignes, des maisons ventrues faites en pierres dorées, des paysans avec de gros nez rouges, énormes à bord de leur 4×4 rutilants et répandant dans des nuages de levure chimique (la 71B, hein)  des odeurs de banane et de de framboise. Ben, raté, le patron a pris sa trace dans le Haut-Beaujolais, appelé encore Beaujolais Vert, appelé encore aussi Beaujolais avec plein de sapins partout et de caillasse. Pas de carte postale « vive la France à Clochemerle » à envoyer, donc, mais il faut le dire quand même, c’était bien joli tout de même. Et comment !

Allons vite sur le départ de Tournus et débarquons tout de go en face de la salle des fêtes de Saint-Mamert, capitale de l’implant. Il y a Topgir, The Penk et moi. Sur le trajet, on a causé de la dernière sortie vélo du patron (la veille, le fou) et du goût de Junior pour les milfs aux seins nus (selon Benoit, moi, je suis un filf).

Ça commence  à sec, violent, ultra : 950 mètres de D+ pour les vingt premiers kilomètres. Mais par à-coups : on enchaîne les casse-pattes et les coups-de-cul entre des descentes à grosse caillasse. Ce qui nous frappe déjà, c’est la difficulté du parcours,  mais un parcours fait pour nous après tout : physique, du tout à gauche souvent,  et pas trop technique, comparé à Vouglans. Une air de jeu pour sanglier furieux.

 « Il fait chaud sur la route du Tour… » Hé ben, Jean-René Godard, ici aussi. S’il y a eu quelques sous-bois et des passages de rivière bienvenus où l’on a trouvé un peu de fraîcheur, une partie de la trace s’est faite aussi à découvert dans la poussière grise et blanche des chemins forestiers. C’était caniculaire.  Et quand le bûcheron mangeur d’enfant a bien fait son boulot, ça se voit : y a plus d’arbre. (La fièvre me fait délirer, c’est quand même magnifiquement vert : toute la journée a été parfumée à l’épicéa et au douglas.)

OKLM
OKLM

On a beaucoup bu (six litres !) et  il a fallu gérer les points d’eau : on a trouvé en deux points du parcours  deux sympathiques habitants du cru pour nous inonder  à grands coups de tuyau et nous remplir  de leur gros robinet, merci à eux.

Pour terminer le tableau général, il y a aussi eu la flore  (des ronces, des orties et d’autres saloperies qui enverraient n’importe quel écolo pointer chez Monsanto) et la faune. Diversifiée, nombreuse, casse-couilles, la faune est à préserver. Benoit s’est fait piquer par des guêpes que son odeur de musc fétide a rendu folles ; on a dû affronter une vache hystérique ou amoureuse ou les deux sur un sentier (The Penk a cru à une milf, il a fallu le refroidir avant l’irréparable) ;  une meute de molosses affamés à nos trousses nous a fait faire le sprint de nos vies. Jusqu’à ce que le très sage Benoit, en repassant à toute berzingue devant le panneau de l’entrée du chemin, n’y lise « chiens de traineau » et ne se souvienne que les huskies comme celui du bras à Johnny, en fait, ils sont tout gentils. Alors demi-tour, on a affronté les monstres, c’était ça ou la variante. Jamais, la variante. Plutôt crever.

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Petite leçon de cadrage

Physique, caniculaire et animalier, voilà donc pour l’ambiance. Le parcours, lui, a été marqué par deux grosses ascensions : le Saint-Rigaud, toit du Rhône à 1024 mètres avec sa tour en bois pour voir là-haut le panorama, un 380° des Alpes au Massif Central, et le col du Fût d’Avenas, moins haut mais plus violent, qui se termine par des pierres noires et une croix blanche.

de la Passion comme d'une course de côte
de la Passion comme d’une course de côte

Panorama là-aussi, mais sur le Beaujolais, celui du raisin et des petits gites charmants pour les parisiens et les allemands, mazette. Morgon, Fleurie, Brouilly…. La descente finale dans la pierraille nous a donné pour quelques jours des courbatures aux bras et aux cuisses.

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Retour à Saint-Mamert. Rincé.

C’était encore une sortie extra, pour finir : on en a bavé,  et on a rigolé comme des oies la veille du réveillon.

PS1 : (« Moi j’ai un SRAM et toi tu rames / quand dans les casse-pattes tu t’crames / gros, je te caillasse pour qu’tu brames / Et on m’acclame jusqu’à Dam… » L’auteur s’est essayé à faire du B20BA, The Penk approuve la tête en balancier, ça envoie le son, garçon.)

PS2 : On remerciera les entreprises Giant, Cannondale, Mavic, Camel Bak, Gerblé,  Nike, Leffe, Apple, Garmin et Peugeot, toutes à la pointe de l’innovation et de la performance, pour leur précieux soutien logistique pendant toute cette aventure. On publiera des tests du matos quand on sera remis des courbatures, promis.

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