Sortie Bugey 14/07/2015, par ANTOPIKO

Le principe de la sortie dans le Bugey, c’était de se faire une bonne côte en vue de la MB. Une bonne prépa, oui, le Calvaire de Portes :  le principe était bon. Benoît, un vrai coach tiptop. D’ailleurs, il a fallu qu’on fasse la MB avant pour se dire qu’en effet l’entrainement au Bugey était drôlement bien vu. C’est simplement un peu dommage de l’avoir faite après, cette sortie. La prépa après, c’est un concept français, monsieur. Regarde la ligne Maginot, par exemple.

Justement, aujourd’hui, c’est fête nat. Rendez-vous à Tournus au parking. Les cars de la Fab-Downhill-71 et de la Thierry-Titanium-Cycle stationnent déjà, Benoît grand manitou manie son porte-vélo. 6:00 : on part à deux voitures. La Bresse est rectiligne, on voit des grosses statues ou fresques moches de poulet géant dans tous les villages (une secte). Si on prend ça pour des coqs, alors le 14 juillet, c’est drôlement bien réussi. Le Bugey en vue, on arrive à Lagnieu, où il y a  une usine Saint-Gobain livrée aux requins de la finance qui fabriquent avec leurs nageoires des petites pots pour bébés  (tout retenu, Benoît, mais peut-être pas dans le bon ordre…). On se gare sur les bords du Rhône. Il faut faire un détour par le camping pour remplir ma poche d’eau – si, si, j’avais oublié. Et roule ma poule de Bresse. Le bord du Rhône est un large ruban de caillasse albâtre qui nous repeint de blanc. Puis à gauche toute, et la sortie commence. Petite grimpée dans les vignes, petit raidillon, pied à terre (sauf Benoît, hein). Fab et Thierry gardent le sourire. Je connais enfin Thierry, chic type. Et 8,5 kg !

On grimpe jusqu’à Montagnieu, ce qui ne veut pas dire qu’on descendra vers Plainieu. Mélange de route, de sentier 4 voies et de quelques singles en forêt : la trace choisie un peu au pif (dira-t-il) par l’hôte est variée. On se répète que c’est vachement bien de rouler dans des endroits qu’on ne connaît pas. Benoît connaissait, lui (Si tu fais pas le lien avec l’usine des petits pots, lecteur, tant pis). On contourne le bois d’Arvançon, puis on plonge léger à une bifurcation, direction une cascade. On fait du tourisme aussi. On passe un ruisseau par une poutre qu’on aurait bien traversée en roue arrière (Antoine, c’est pour toi), mais on décide de le faire à pied, parce que c’est pas parce que c’est le 14 juillet qu’on va mourir pour la France (à-pic vertigineux d’un bon mètre).

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Douche virtuelle

La cascade du Luizet ! Cirque minéral et grandiose ! sauf que à sec. Alors on imagine. Et d’imaginer autant d’eau, ça donne envie de boire et de pisser. Jour de sécheresse, d’ailleurs. On y reviendra.

On continue la trace. Ça monte un peu, ça descend joliment. Des secteurs de route où l’on croise des cyclistes un petit peu à petits pneus. Parfois il fait frais : ombre, air. Et parfois non : bon gros cagnard. On a chaud. Les moments de sous-bois font du bien. Celui qui vient nous fera rire : on crapahute sur le mont Cuny. Quoi ? Hein ? La vue est belle (par la suite, on croisera plein de couples de randonneurs (deux) dont la femme est ravie).  Au sommet, il y a une grand croix en acier boulonnée qui date grosso-modo de l’Antiquité. 792 mètres, point culminant de la première partie.

Les vélos ont rien pané au principe du mont Cuny
Les vélos ont rien pané au principe du mont Cuny

En descendant on attaque la seconde : le Calvaire de Portes. Je sais : Benoît m’explique le principe des deux boucles en dessinant sur le mur du cimetière de Benonce (Il a associé deux tracés pour la sortie). Thierry et moi, on fait semblant d’avoir compris. Fab, lui, ça compte pas : il a un GPS. Au robinet du cimetière on remplit les poches. On ne savait pas encore que c’était la dernière fois. La chaleur monte : c’est midi. D’abord, Portes, c’est long. 18 km d’ascension irrégulière : coups de cul, replat. Et puis ensuite, Portes, par où on passe, c’est pas humain. C’est bovin. Une demi-douzaine de barrières en barbelé (avec des systèmes d’attache à chaque fois différents, ce qui est dans le compte-rendu sans intérêt, mais bon). Enfin, Portes, c’est sauvage : une ligne de crête en caillasse, des raidars à pied, quelques ronces, un peu de portage en enjambant des troncs.

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un homme sur cinq est un nuage

Portes, surtout, c’est beau. Et c’est pieu : ça se termine par le petit Jésus, qui nous dit que notre petit calvaire, franchement, il s’en tape, vu ce qu’il a enduré, lui, mais comme il est gentil il nous laisse profiter de la vue. Après la cascade sans eau, on admire alors le Mont-Blanc derrière les nuages. La journée du mont Cuny, c’est que des points de vue extraordinaires. Imagine.

Il faut redescendre. Thierry a la bonne idée de dire qu’il ne reste plus guère de kilomètres. Le calvaire commence. D’abord belle descente, des parties techniques. Ça fuse. Enfin, ceux de devant fusent. Moi, je protège les arrières : des loups ont été signalés dans la région au XIX° siècle. On reprend ensuite la route vers le mont Cuny, on l’aime bien décidément, puis on décide de prendre un variante. La variante, en VTT, c’est la bonne idée, l’impro bien sentie, l’intuition audacieuse qui se transforme fissa en merdier mahousse. Et ça manque pas. Jamais de variantes, jamais. Là, c’est la jungle très vite, ronces, orties et d’autres trucs qui piquent, et des plantes vicieuses qui mettent dans les chaussettes des petites boules vertes urticantes. Dans ce type de situation, il faut faire ce qu’on l’on fait rarement : demi-tour. Benoît en éclaireur, Fab le nez sur son GPS, on décide joyeux de faire l’erreur : on continue. Parce que le demi-tour c’est con, et que la trace est à 50 mètres. 50 mètres, oui oui, ou 100, ou 200, et surtout 200 mètres de portage en côte dans les ronces et avec les petites boules vertes urticantes dans les chaussettes. Une bonne galère. Une fois sorti, je suis le premier à ne plus avoir d’eau. Thierry dit : plus que 5 km.

Descente, singles sympas, racines, fluides, cool. La trace faisait un aller/ retour vers un dernier point de vue : on a vu la Vierge (c’est la maman du petit Jésus qu’on a vu. Elle a l’air aussi sympa, mais notre sortie VTT, ça semble quand même la concerner assez peu.)  Panorama derrière : la vallée du Rhône. Et il a fallu remonter la caillasse, à pied. (Jérôme, c’est pour toi). Fab est le deuxième à plus avoir d’eau, ni de boisson énergétique. On se remet en selle : Thierry en danseuse, en force, un style. Et puis patatras : soleil. Plus de peur que de mal, mais il aura mal au coude. De toute façon, on va tous mourir déshydratés ici, ça lui servira à rien de pouvoir le lever encore, le coude.

Benoît guide  par une descente avec des gros cailloux qui feront casser la chaîne de Fab. Mais comme ce dernier a un sac magique, hop : il en sort son pied d’atelier, chiffon, éclairage, matos, il répare et il remballe le tout. Benoît et Thierry n’ont plus d’eau, pour finir. Il fait chaud, on a soif. Depuis trois heures, on ne pense qu’à la bière ( punks not dead : ici). Le retour à l’arrivée sera facile, de la route, mais nous paraitra long. On se jette sur le robinet du monsieur du Camping, pour finir.

Lagnieu, sandwich et bière, enfin. On est heureux. Les sorties avec les copains, c’est géant.

Sur strava, ça donne ça : FAB / BENOIT / THIERRY / ANTO

Merci à monsieur Christophe H., qui, à défaut de plage en Bretagne, a ramassé les coquilles sur cette page. Et les grosses phote aussi.

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